Human Rights Watch critique l’arrestation d’un artiste de Phuket pour un commentaire en ligne sur le COVID-19

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Human Rights Watch critique l’arrestation d’un artiste de Phuket pour un commentaire en ligne su
26 Mars
13:38 2020

PHUKET : L’organisation international Human Rights Watch a vivement critiqué l’arrestation d’un artiste de Phuket qui a commenté sur les réseaux sociaux les mesures contre le COVID-19 à l’Aéroport International Suvarnbhumi.

 



 

Danai Ussama, plus connu sous son nom d’artiste “Mr Zen”, propriétaire et fondateur de Wua Art Gallery sur Phang Nga Rd à Phuket Town, a été arrêté chez lui à Phuket lundi 23 Mars.

 

Bien qu’il soit toujours en quarantaine, il a été transporté à Bangkok auprès de la DIvision de Suppression des Crimes et inculpés pour violation de la Section 14 (2) du Computer-Related Crime Act pour avoir “enregistré sur un système informatique de fausses informations de sorte à créer la panique au sein du public.”

 

S’il est reconnu coupable, il risque cinq ans de prison et une amende de B100,000.

 

Les charges retenues se basent sur une plainte de Aéroports de Thaïlande (AoT), qui gère six aéroports internationaux dans le pays, dont l’Aéroport International Suvarnbhumi et l’Aéroport International de Phuket.

 

La plainte, déposée le 16 Mars, indique que M. Danai a écrit sur la page Facebook “Zen Wide” qu’alors qu’il revenait de Barcelone, lui et ‘autres passagers n’ont pas été contrôlés pour le COVID-19 à l’aéroport Suvarnabhumi à Bangkok.

 

AoT considère que cette information est fausse, est de nature à provoquer la panique au sein du public, et pousse le public à penser que l’aéroport Suvarnabhumi n’applique pas correctement les mesures de contrôles du COVID-19.

 

“Les autorités thaïes devraient immédiatement cesser de recourir à la ‘loi anti fake news’ pour poursuivre des personnes qui critiquent l’attitude du gouvernement face à l’épidémie de COVID-19” écrit l’organisation dans un communiqué publié aujourd’hui.

 

L'État d’Urgence décrété à compter d’aujourd’hui augmente nos inquiétudes quant à une répression accrue contre la liberté d’expression, lit le communiqué.

 

“Les autorités thaïes semblent vouloir faire taire les opinions critiques exprimées par les médias et la population au sujet de leur gestion de la crise du COVID-19” dit Brad Adams, directeur Asie de Human Rights Watch. “L'État d’Urgence donne au gouvernement le droit de censurer la liberté d’expression.”

 

Dans son rapport “Dimension des Droits de l’Homme face à la Réponse Apportée au COVID-19” Human Rights Watch exprime son inquiétude que la Thaïlande resserre son contrôle sur la liberté d’expression pendant la crise du COVID-19.

 

Les lanceurs d’alerte du secteur de la santé et les journalistes sont confrontés à des représailles judiciaires et à l’intimidation des autorités après avoir critiqué la réponse du gouvernement à l’épidémie et après avoir signalé la corruption liée à l’accumulation de masques chirurgicaux et d’autres équipements médicaux afin de les vendre au marché noir, indique le rapport.

 

“Les autorités thaïes ont également menacé des personnels médicaux de sanctions disciplinaires, notamment de licenciement et de révocations de licenses, pour s’être exprimés sur le grave manque de matériels médicaux essentiels dans les hôpitaux du pays” indique le rapport.

 

Ces inquiétudes quant à la restriction de la liberté d’expression ont largement augmenté quand le premier ministre Prayut Chan-o-cha a déclaré l'État d’Urgence le 24 Mars.

 

Lors d’une conférence de presse, il a déclaré “Après l’annonce de l'État d’Urgence, le public devra faire attention à la désinformation sur les réseaux sociaux… les médias et toutes les personnes qui utilisent les réseaux sociaux pour communiquer de fausses informations seront surveillés de près.”

 

“Rapporter ou partager une fausse information sur le COVID-19 qui pourrait provoquer la crainte au sein de la population, et délibérément déformer une information qui peut provoquer une incompréhension et affecter la paix et l’ordre ou le bon moral de la population, est interdit. Dans de tels cas, les officiels supprimeront ou modifieront ladite information. Dans les cas où de tels actes ont de graves conséquences, le Computer-Related Crime Act ou le Décret d’Urgence sur l’Administration Publique en Situation d’Urgence sera appliqué” disait il.

 

“L’accès à l’information et la liberté d’expression sont des composantes intégrales du droit à la santé, notamment dans ce contexte de pandémie. L’accès à l’information comprend le droit de rechercher, de recevoir et de partager des informations liées à l’épidémie de COVID-19 afin d’assurer que tous sont informés de la maladie et de la réponse du gouvernement face au virus, indique Human Rights Watch dans son communiqué.



Article original : The Phuket News


Photo from - MDES

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